Patience et longueur de temps…

Le Lion et le Rat

Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage, dit La Fontaine dans sa fable du Lion et du Rat.

Faut-il être patient dans un projet d’entreprise ?

Oui et non.

Vous avez une vision, un but à atteindre à long terme.

Vis-à-vis de ce but, soyez patient. Autrement dit : acceptez que du temps s’écoule avant de l’atteindre.

Ce but sera atteint grâce à la réalisation d’une série d’étapes.

Soyez impatient quant à la réalisation de celles-ci.

Patience à long terme et impatience à court terme.

Ne faites pas l’inverse : trop de créateurs sont impatients de compter leurs millions mais tendent à procrastiner quant à la prochaine tâche à accomplir.

C’est la meilleure façon d’aller nulle part…

 

Légende : gravure de Gustave Doré – Le Lion et le Rat (1867)

Le prix de la leçon

Topaze

Il existe des dizaines de formules, proverbes, maximes, et autres paroles de sagesse pour vous dire qu’un échec n’en est pas vraiment un.

Permettez-moi d’être sceptique.

Essayez d’expliquer à un entrepreneur qui a englouti 25 000 euros dans un projet qu’il ne s’est pas planté…

Car au-delà de la blessure d’amour propre, un échec s’accompagne souvent d’une perte financière.

Ce qui est vrai, en revanche, c’est qu’il tirera sans doute une leçon de cette expérience.

Et le montant « perdu » n’est rien d’autre que le prix de sa leçon. Plus il est élevé, mieux elle sera retenue.

On ne devrait jamais se plaindre du prix des leçons que nous recevons. Après tout, cela veut juste dire qu’on en a les moyens !

Légende : Fernandel dans Topaze, de Marcel Pagnol. Un maître d’école qui apprend vite…

Le piège du Système D

Le Système D (D comme « débrouille » ou « démerde ») est cette façon d’agir, devenue fierté nationale, qui consiste à faire avec ce que l’on a.

La plupart des porteurs de projets que j’ai eu l’occasion de rencontrer avaient suivi le schéma suivant :

  1. Je trouve une idée.
  2. Je pars du principe qu’il existe une demande pour mon produit/service.
  3. J’investis toutes les ressources à ma disposition dans la mise au point de mon produit /service.
  4. Une fois qu’il est au point… je n’ai plus un centime à dépenser dans la promotion de mon produit/service.
  5. Le projet ne décolle pas.

Ou cette variante :

  1. Je trouve une idée.
  2. Je pars du principe qu’il existe une demande pour mon produit/service.
  3. J’investis toutes les ressources à ma disposition dans la mise au point de mon produit /service.
  4. Je me dis que je devrais chercher des investisseurs.
  5. Je n’y arrive pas. Je décide de me débrouiller sans.
  6. Je n’ai pas grand-chose à dépenser dans la promotion de mon produit/service.
  7. Le projet ne décolle pas.

Qu’est-ce qui cloche ici ?

Trois choses :

  1. Ne vous lancez pas dans la mise au point technique et commerciale d’une  offre sans avoir vérifié au préalable qu’il existait bien une demande. Je parle d’une véritable étude de marché, pas le fait de rapporter deux ou trois données générales récupérées ici ou là dans le but de vous donner raison.
  2. Si vous disposez de fonds, n’utilisez que la moitié de vos ressources pour la mise au point de votre offre. L’autre moitié servira à la promotion de votre projet (marketing et communication).
  3. Si vous ne disposez pas de fonds, cherchez vraiment un investisseur. Faites un véritable business plan et présentez-le. Peu importe le temps que cela durera. S’ils ne sont pas intéressés, ne pensez pas que c’est uniquement de leur faute. Il y aura toujours des tas de gens pour vous dire que votre idée est super. Combien d’entre eux sont sincères au point de risquer une partie de leurs économies dans votre projet ?

Trouver des fonds fait partie de votre job d’entrepreneur. Ce n’est pas une option. Ce n’est pas une action facultative. Si vous ne parvenez pas à séduire un investisseur, comment espérez-vous séduire des clients ?

Ne vous rabattez pas sur le Système D. Ne vous dites pas : finalement je n’ai pas vraiment besoin d’argent pour lancer mon projet. Bien sûr que vous avez besoin d’argent ! L’argent fait gagner du temps. L’argent vous épargnera du stress. L’argent vous donnera accès à des équipements ou des prestations de qualité. L’argent permettra de vous payer et de payer votre équipe sans vous sentir gêné aux entournures.

Vous trouverez toujours des success stories d’entrepreneurs ayant réussi sans rien. Ne vous leurrez pas. Si on en parle autant, c’est justement parce qu’ils sont une exception. C’est rendre un bien mauvais service aux créateurs que de les laisser penser qu’ils suivront le même chemin. Vous avez plus de chances de faire partie des 99% qui ont besoin de fonds pour monter leur projet que du 1% qui réussira sans.

J’ai lu qu’il y avait 5 000 business angels en France, 50 000 en Grande-Bretagne et 500 000 aux Etats-Unis.

Vous pensez qu’il n’y en a pas assez en France ? Pourquoi y en aurait-il plus si le Système D nous en dispense ?

C’est la demande qui crée le marché. Demandez plus d’investisseurs et il y en aura plus !

Légende : Archimède de Syracuse est considéré comme le premier théoricien de l’effet de levier (tableau de Domenico Fetti, 1620).

Les pigeons de la place Saint-Marc


Quand j’étais gamin, mes parents m’ont emmené à Venise.

Nous étions à la terrasse d’un café de la place Saint-Marc. Des employés municipaux sont arrivés avec des arrosoirs pleins de graines qu’ils ont déversées à différents points.

Instantanément, des centaines de pigeons ont surgi de nulle part et ont littéralement recouvert la place. Puis, au bout de quelques minutes, ils se sont envolés, après s’être assuré qu’il ne restait plus rien à manger.

Bien des années plus tard, cette image m’est revenue alors que je conseillai un porteur de projet. Il était satisfait de savoir qu’il n’avait pas de concurrent sur son marché. Moi, cela m’inquiétait plutôt.

Car s’il n’y a pas d’autre oiseau que lui sur la Place Saint-Marc, c’est peut-être parce qu’il n’y a rien à manger ?

La présence d’une concurrence devrait, au contraire, être accueillie comme la première preuve de l’existence d’un marché. Tout est une question de dosage : une concurrence raisonnable (par opposition à une compétition acharnée) laissera toutes ses chances à l’entrepreneur qui saura se distinguer en présentant une meilleure offre.

Légende : la Place Saint-Marc à Venise (source Wikimedia)

Référencement naturel : tromper Google ?

Référencement naturel sur Google
Six milliards d’euros : c’est le budget R&D (recherche et développement) de Google en 2013.

Je veux bien croire que certains petits génies aient la capacité de berner l’algorithme pilotant le référencement naturel de Google pour faire arriver tel site en première place du moteur de recherche mais…

En fait non, je n’y crois pas.

Je ne pense pas que quiconque puisse naviguer en sens contraire à cette lame de fond qu’est Google.

En revanche, il y a bien un moyen d’être plus malin que Google, de ne jamais être déclassé, malgré les changements d’algorithme : soyez plus Google que Google !

Autrement dit, pensez comme Google : que feriez-vous si vous deviez faire le tri entre ces millions de résultats possibles pour en ressortir les 10 plus pertinents pour l’internaute ?

Quels critères mettriez-vous en place ? Quels défauts seraient rédhibitoires ? Quels sites auriez-vous tendance à récompenser ?

Nous gérons, pour l’un de nos clients, un portail d’information recevant plus d’un million de visiteurs par an, provenant uniquement du référencement naturel.

Ni Panda, ni Penguin (les deux versions de l’algorithme de Google qui ont traumatisé les webmasters) n’ont affecté notre classement. Mieux encore : ils l’ont amélioré.

Pensez comme Google et vous réussirez. Pensez contre Google et vous ferez le bonheur de vos concurrents.

Légende : Big Google is watching you… (photo tirée du film 1984 de Michael Radford d’après le roman de George Orwell)